Face à la caméra

Alain Gnaedig est souvent dans l’ombre d’écrivains étrangers que son talent de traducteur contribue à mettre en lumière. A L’Arbre vengeur c’est avant tout un auteur dont L’Homme armé, sorti en mars, permet de mesurer l’étendue de la gamme. Eclairé par le spot d’une journaliste venu jusque chez lui pour obtenir des aveux circonstanciés sur sa passion d’écrire, il a accepté de se confier sur cette autre pratique d’écriture. Quelques minutes, armes dissimulées, sur fond de Nielsen.

 

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Le rose et le noir

On imagine mal les débats qui peuvent secouer une maison d’édition au moment de choisir la couleur de couverture d’un livre prochain. Boire la tasse sera le premier recueil de nouvelles de Christophe Langlois, et pour cette occasion il sera tout de noir revêtu.  Ce qui ne doit pas laisser penser que ce livre est sombre : que le rose de la tasse qu’il nous propose de boire nous le rappelle opportunément et incite à goûter l’étrange univers de ce jeune auteur. Le dessin est signé Matthias Aregui, un nom sur lequel il faudra compter, à l’heure du thé, ou plus tard, dans la nuit.

Galopins

Après avoir longtemps supporté d’être traités de galopins de l’édition, l’Arbre vengeur est rattrapé par la fatalité et va bientôt se retrouver riche d’un Galopin à son catalogue. Recommandé par l’infatigable Thierry Gillybœuf, connu pour signer des préfaces comme d’autres troussent des poèmes à leur belle, Arnould Galopin, prolifique auteur d’avant-guerre, va enrichir notre catalogue de littérature populaire avec son Bacille, prophétique roman d’aventure qui met en scène un homme devenu bleu… que la méchanceté des hommes va pousser au crime voire au terrorisme… Vous en saurez plus en juin, le temps que le bouillon de cultures nous parvienne de l’imprimeur.

MM. Grosvalet & Paumier

Remettront de conserve le Prix de Loire Atlantique à Jean-Louis Bailly qui n’aura pas à supporter des heures de train pour se rendre le jeudi 19 mai prochain à 18h à l’Hôtel du département 3, Quai Ceineray à Nantes.  Il y recevra, donc, des mains de Philippe Grosvalet, Président du Conseil Général de Loire-Atlantique et (ou) de celles de Jean-Yves Paumier, Chancelier de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire le prix tant convoité pour son roman Vers la poussière dont nous nous tuons à répéter tout le bien qu’il faut en penser. L’éditeur félicite publiquement ici son auteur qui, jurons-le, saura emporter son auditoire par un discours où, nous l’espérons, il ne réitérera pas les louanges dacquoises à l’intention de ses insolents éditeurs, Bouvard & Pécuchet talençais à la triste figure.

Die Dichte, c’est maintenant

ou jamais (ou presque). Il reste quelques représentations de la « performance » initiée par Denis Cointe sur le texte écrit et lu par Marie NDiaye sous le titre de Die Dichte et édité sous celui d’Y penser sans cesse : Dax, Saintes, Nérac, Pessac, Villeneuve-sur-Lot. Après quoi il ne restera à ceux qui l’auront manqué que le secours du livre, ce qui est néanmoins une intense consolation.

(NB. Quelques échos médiatiques : une courte (mais intense) chronique d’Arnaud Laporte sur France Cultureune longue (mais intense) page dans Le Monde du 29 avril dernier…)

 

Splendide Jean-Louis Bailly

La Feria de Dax attire beaucoup de monde, on s’y bouscule, on y festoie, l’alcool coule à flot et les toros font ce qu’ils peuvent pour agiter les cœurs imbibés des aficionados. Les Rencontres à lire de Dax sont moins fébriles, on y croise des auteurs qui se demandent à quoi ressemblent les lecteurs, des éditeurs qui en viennent à douter de leur vocation dans une arène trop tranquille, des poètes qui feraient bien des vers s’ils pouvaient croiser des muses. Jean-Louis Bailly est intrépide, c’est souvent une qualité des auteurs vivants de L’Arbre vengeur : il a donc pris le train qui longe la côte atlantique pour gagner le tréfonds des Landes et ce fameux salon du livre où l’attendait un trophée de bronze récompensant Vers la poussière, unanimement salué par un jury qu’anima le délicat André Velter, bronzé comme une sculpture. Le lauréat fit un petit discours salué par les plus hautes autorités de la Ville et s’en vint affronter ses lecteurs dacquois avant une soirée de libations dont nous ne dirons rien par pudeur et respect. Et tout cela sous les ors du superbe Hôtel Splendid. L’éditeur salue donc son auteur que l’on dit désormais à l’abri dans sa bonne ville de Nantes qui l’honorera bientôt.