Jean Duperray

Syndicaliste révolutionnaire et ami stéphanois de la philosophe Simone Weil, Jean Duperray (1910-1993) fut le romancier noueux du fait divers et de l’énergie populaire. Né en 1910, fils d’un instituteur et d’une couturière, il est un digne enfant de la Sociale, un hussard rouge et noir de la République. Parti pour suivre le modèle paternel, il découvre la littérature révolutionnaire et s’encarte à l’Union générale des étudiants.

Au début des années 1930, il est nommé instituteur à La Talaudière dans la Loire — un de ces territoires de charbon dont Jacques Chauviré a dit la terrible tristesse —, il rejoint la rédaction de la revueRévolution prolétarienne et s’engage dans le combat syndical et la Résistance. En 1965, retraite atteinte, il se consacre à des études sur le roman populaire, correspond avec Marcel Allain, le créateur de Fantômas, et collabore à la Tour de feu, la revue de Pierre Boujut. En 1972, des problèmes oculaires entravent son travail jusqu’à sa disparition en 1993.

À son actif une Histoire fantastique et merveilleuse de Dora Providence (1951), “roman kaléidoscope” qui avait attiré l’attention d’André Breton – lequel aurait bien pu voir en lui un frère de Maurice Fourré (récemment réédité à L’Arbre vengeur) – et où se lit l’influence de Fantômas, ces fameux Harengs frits au sang (1954), qui obtient le Grand Prix de l’Humour noir 1955, et L’Homme qui vit disparaître la Tour Eiffel (1976) où l’on retrouve un surréalisme aussi fantasque et coloré que celui de Robert Desnos.

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