Une bonne opinion de Tristan Bernard

C’est Bernard Quiriny, un écrivain critique qui ne manque pas d’humour, qui l’écrit : « les nouvelles de Jeu de massacre sont d’une drôlerie plus franche, plus ouverte (que « Les mémoires d’un jeune homme rangé ») ; leur format bref, trois ou quatre pages, en fait presque de petits sketches. Tristan Bernard y excelle à inventer des situations cocasses, et surtout à tirer le portrait de fâcheux, d’ennuyeux, de sans-gêne et d’imbéciles, si bien que le recueil aurait pu s’intituler, comme le film d’Yves Robert, Le Bal des casse-pieds. Littérairement, c’est un régal : dialogues ciselés, esprit d’invention sans limite, chutes qui tombent à pic. Les meilleurs textes sont les portraits quasi purs, tel celui de Léonard, le vrai-faux domestique de l’auteur, dont la distraction naturelle fait la joie – et parfois l’embarras – de son maître. Quant aux mille petits détails involontaires sur les mœurs et les institutions des années folles… ils datent les textes et rajoutent à leur charme fou. »