L’autofictif

par Éric Chevillard

«En septembre 2007, sans autre intention que de me distraire d’un roman en cours d’écriture, j’ai ouvert un blog, quel vilain mot, j’ai donc ouvert un vilain blog et je lui ai donné un vilain titre, plutôt par dérision envers le genre complaisant de l’autofiction qui excite depuis longtemps ma mauvaise ironie. Rapidement j’ai pris goût, et même un goût extrême, à cet exercice quotidien d’intervention dans le deuxième monde que constitue aujourd’hui Internet et à ces petites écritures absolument libres de toute injonction. Mon identité de diariste est ici fluctuante, trompeuse, protéiforme. Je me considère à mon tour comme un personnage, je bascule entièrement dans mes univers de fiction où se rencontre aussi, non moins chimérique, le réel. Je ne m’y interdis rien, c’est le principe, ni la sincérité ni la mauvaise foi, ni même à l’occasion l’assassinat. Ces pages pourront être lues ainsi comme la chronique nerveuse ou énervée d’une vie dans la tension particulière de chaque jour.»

Éric Chevillard

 

  • Illustration de couverture : s.a.v.
  • EAN 13 : 9-782916-1413-74
  • 256 pages
  • 15  €

 

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Presse

 

  • Entretien radiophonique lors de l’émission 5-7 diffusée sur France Inter le 18 août 2009 (à 6H20)

(présenté par Florent Chatain) Cliquez ici pour écouter

 

 

 

  • Extrait de l’émission Jeux d’épreuves diffusée sur France Culture le 21 mars 2009

(avec Philippe Lefait, Baptiste Liger, Xavier Houssin, Alexis Libaert) Cliquez ici pour écouter

 

 

 

(par Erwan Desplanques)

 

  • Extrait d’article paru dans Télérama, le 25 février 2009 Que disent les écrivains sur leurs blogs ?

 

(par Martine Laval)

 

(…) Eric Chevillard : « Faire feu de tout bois”

 

« Mon blog n’est pas participatif. J’y propose un travail d’écriture. Qui m’aime le suive… Si j’ouvrais les commentaires, il me faudrait y répondre. Or l’entreprise n’a de sens que si elle ne déborde pas de son cadre et ne prend pas dans ma vie une place excessive. D’où le côté très fruste du blog lui-même, abrité par un hébergeur, maquette préformée, aucune décoration : trois notes par jour, gris sur blanc. J’ajoute que parmi les commentateurs, on trouve beaucoup de fous injurieux, rancuniers, harceleurs, je n’ai pas envie de me mettre sur le dos de tels psychopathes affublés de pseudos ridicules… L’astreinte quotidienne et l’assiduité font partie du plaisir. J’ai toujours tenu des carnets en marge de l’écriture de mes romans. Je suis las parfois de la construction romanesque comme d’un mensonge rabâché. Ces carnets me permettent d’aborder tous les genres, de faire feu de tout bois et de n’avoir en somme, comme disait Flaubert, qu’à “écrire des phrases”, ce qui reste la meilleure définition de l’écrivain, avant l’invention un peu fallacieuse des genres littéraires. Chaque année, j’entends recueillir ces notes dans un livre (comme celui qui paraît ces jours-ci à l’Arbre vengeur). Les liens entre Internet et l’édition traditionnelle vont être de plus en plus étroits, conflictuels peut-être ; l’expérience que je mène avec l’Arbre vengeur me paraît donc instructive. Je redoute un peu l’étanchéité de la blogosphère, le circuit fermé du réseau, et je suis curieux de voir comment le livre sera accueilli au-dehors, si les lecteurs de mes romans s’y retrouveront. » (…)

 

  • Extrait de l’émission Les mardis littéraires diffusée sur France Culture le 3 mars 2009

(avec Pascale Casanova, Jean-Baptiste Harang, Xavier Person) Cliquez ici pour écouter

 

  • Article paru sur Le temps, le 28 février 2009 Du blog au livre

 

(par Isabelle Rüf)

 

Eric Chevillard tient un blog intitulé «L’Autofictif» depuis septembre 2007. L’Arbre vengeur l’a publié.

 

Belle revanche pour l’Arbre vengeur: le blog d’Eric Chevillard, L’Autofictif, devient livre. Depuis le 18 septembre 2007, l’auteur d’Oreille rouge tient sur le Net un journal qui compte chaque jour une ou plusieurs entrées. Sous un titre, au départ ironique, ce sont des éclats de vie, de fiction et très souvent de rire que «ces petites écritures libres de toute injonction». En feuilletant cette première année, on voudrait les citer toutes. Arrêtons-nous à cet art poétique du 3 juillet 2008: «Parfois je m’assieds, le crayon à la main, mais je n’ai pas envie de faire du Chevillard encore: j’attends donc qu’il se lasse d’attendre; c’est alors tantôt du Proust, du Borges ou du Nabokov; à la fin, tout de même, ma vanité d’auteur reprend le dessus et je signe ces pages de mon nom.» Chevillard paraphe également ici du Michaux, du Jules Renard et, pour le plus grand bonheur de son cénacle d’admirateurs, beaucoup de Chevillard. L’Autofictif est une excellente introduction à son art!


 

  • Chronique diffusée sur France Inter, émission Esprit Critique, le 3 février 2009

(par Vincent JOSSE et Nicolas DEMORAND) Cliquez ici pour écouter

 

 

 

Chronique : Eric Chevillard, L’autofictif

 

(par Fabrice Thumerel)

 

Depuis mardi dernier, « les 328 premiers billets de L’autofictif, publiés entre le 18 septembre 2007 et le 17 septembre 2008, sont désormais disponibles en librairie comme cela se faisait jadis », peut-on lire sur le blog d’un écrivain facétieux auquel on ne saurait reprocher le manque de lucidité : « Littérature, ma belle, sais-tu que tu emmerdes tout le monde ? » (5 octobre 2007). Du blog au volume le work in progress se fait œuvre, à savoir un tout structuré qui peut d’autant plus ici informer votre vie quotidienne qu’il tient dans la poche. Et pour la suite, RV chaque jour sur L’autofictif…

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Ce Chevillard qui fait blog à part

 

(par Pierre Assouline)

 

N’ayant rien à cacher, Eric Chevillard n’écrira pas ses mémoires. Ce n’est pas une raison pour dédaigner son autobiographie. D’autant qu’elle tient en quelques lignes qui disent tout de lui. Tout ce qu’il nous faut savoir présentement de l’individu qui enchante nos aubes blafardes lorsque, l’ordinateur à peine allumé, nos doigts incertains tatonnent dans la colonne infernale de nos favoris entre un site sur la littérature post-moderne traduite du moldave et un blog de photographe à objectif unique, et que la souris se pose sur “L’autofictif”. Un blog à part nourri quotidiennement des explosions de pensée d’un écrivain. Résolument original. Rien à voir avec tout ce qui fait, si tant est que deux blogs littéraires puissent se ressembler dans la babelsphère.

 

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Chevillard | l’autofictif site, l’autofictif livre

 

(par François Bon)

 

On l’a dit souvent sur tierslivre (voir i c i , et pas de jour sans l’avoir consulté – mais n’étais pas le seul), l’autofictif d’Eric Chevillard s’est implanté d’emblée à la fois comme une des expériences web les plus à contre-sens (pas de liens vers le reste du web, pas de commentaires ni une seule image, présentation standardisée d’over-blog, ce qui n’empêche pas une très belle interface iPhone/iTouch), et à la fois la plus magique : parce que ce qui y était écrit transgressait les habituelles lois de représentation du monde. Seule magie de l’histoire qu’on vous bâtit, et parfois une ligne suffit : tout le réel, décalage infinitésimal, mais justement.

 

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Ceci n’est pas une auto-fiction

 

(par Philippe de Jonckheere)

 

Depuis un peu plus d’un an, Eric chevillard tient à jour un espace sur internet, qui a la forme contemporaine de l’empilement vertical, les derniers billets chassent ceux vieux de n+1 jours, et dont le titre, l’Autofictif, aura tout lieu de décevoir les amateurs de références autobiographiques, à moins qu’un tel lecteur soit particulièrement attentif et finisse par obtenir, en creux, en négatif, la forme parfaite d’un autoportrait de l’auteur de Mourir m’enrhumeLe DémarcheurPalafoxLe Caoutchouc, décidémentLa Nébuleuse du crabePréhistoireUn fantômeAu plafondL’Œuvre posthume de Thomas Pilaster,Les Absences du capitaine CookDu hérissonLe Vaillant petit tailleurOreille rougeDémolir Nisard, et de Sans l’orang-outan.

 

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  • Article paru sur Le causeur, le 30 décembre 2008

 

Chevillard emballe

 

(par Marc Cohen)

 

Noël oblige, il sera un peu trop pardonné à tous ceux qui n’ont pas encore suivi les impératifs conseils de lecture de Bruno Maillé concernant les trois notes quotidiennes d’Eric Chevillard. Non seulement son blog reste ouvert pendant les fêtes, mais en plus, l’auteur y laisse entendre que ses petits chefs d’œuvre seront bientôt accessibles à tous, y compris les plus rétifs à internet : “Ces notes, écrit-il, devaient être prochainement imprimées, je n’y renonce pas mais j’envisage maintenant de les vendre plutôt à l’unité avec un chocolat dedans et un petit emballage argenté ou doré en papillote.” Malgré cette mise au point formelle de l’auteur, une rumeur persistante assure qu’il aurait colligé ses bréviotes sous une forme plus traditionnelle, un livre quoi, à paraître en janvier chez les excellentes éditions de l’Arbre Vengeur, dont nous vous avions déjà dit beaucoup de bien, puisque éditrices d’inédits de Chesterton et Jules Renard et même de badges à leurs effigies…

 

 

Chevillard, du net au papier

 

(par Laurent Margantin)

 

Pour ceux qui ont régulièrement lu depuis septembre 2007 les trois petits textes mis en ligne chaque jour sur Internet, tenir ce livre dans ses mains a quelque chose d’un peu troublant. Voici ramassé, au mot près, ce que l’écrivain disposa devant nos yeux loin de tout papier, sur un support non pas immatériel, mais disons inhabituel pour les lecteurs papivores que nous sommes plus ou moins (car cela fait maintenant une dizaine d’années que bon nombre d’entre nous découvrent une partie de la littérature en train de se faire via Internet).

Etonnement donc de retrouver ces textes courts (petits récits de quelques lignes, aphorismes, simples vers de mirliton parfois), mais surtout bonheur.

Pour ceux qui comme moi connaissaient mal Chevillard, le blog « L’autofictif » a été un moyen de découvrir le style et la recherche propres à cet auteur. Tout au long de l’année, une communauté des lecteurs de ce blog s’est constituée, s’échangeant par mail certains extraits, les commentant au jour le jour. On vit même des critiques comme Pierre Assouline ou des éditeurs comme Léo Scheer saluer ce travail sur leur site respectif.

« Rapidement j’ai pris goût, et même un goût extrême, à cet exercice quotidien d’intervention dans le deuxième monde que constitue aujourd’hui Internet et à ces petites écritures absolument libres de toute injonction », écrit l’auteur dans sa présentation du livre. L’espèce de jubilation ressentie par celui-ci fut vite transmise au lecteur, et c’est celle-ci que nous retrouvons en feuilletant ce livre dont il faut saluer l’élégance, que l’on doit à un éditeur de Talence, L’arbre vengeur.

 

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