Quinzinzinzili, le 13

Quinzinzinzili ce n’est pas seulement le titre de l’un des plus fameux livres de notre catalogue édité dans la collection L’Alambic et dont se profile, bientôt, une nouvelle réédition. C’est aussi le titre de la revue trimestrielle consacrée à l’univers messacquien dont vient de paraître le numéro 13. Il y est question de la très attendue réédition du « Detective novel et l’influence de la pensée scientifique », l’impressionnante thèse de Régis Messac reprise enfin par les éditions Encrage. On y trouvera également des articles sur Fieux de Mouhy, Maurice Renard et Léon Groc. Une revue rare, animée par la ferveur de quelques amateurs éclairés. On peut se la procurer auprès de la Société des Amis de Régis Messac, 71, rue de Tolbiac, 75013  Paris ou à l’adresse : amis@regis-messac.fr

Boire la tasse avant l’heure

On attend parfois longtemps pour découvrir un article vantant un arbre vengeur. Et puis, divine surprise, il arrive qu’un beau papier, élogieux, encourageant, apparaisse sans prévenir…longtemps avant la sortie d’un livre. C’est ce qui arrive à Boire la tasse, le recueil de nouvelles de Christophe Langlois, qui paraît en librairie le 24 août prochain et que salue La République des Livres. Nous rêverions que ce genre d’éloge lance ce qu’on appelle une rumeur favorable, une impatience, une envie de se précipiter sur la tasse dès sa sortie. L’été sert aussi à cela, de douces rêveries d’éditeur. Et le recueil vaut la peine de l’attente.

Sphex se danse aussi

Pascal Krupka doit être un homme de défi. Ce danseur a en effet choisi d’adapter pour la scène une nouvelle du recueil de Bruce Bégout, Sphex. Vous pourrez donc si vous vous trouvez du côté de Nantes et que l’idée d’admirer comment se chorégraphie Le Milliardaire marxiste vous excite, aller assister à la représentation qui aura lieu le mercredi 29 juin à 16h au DIX de la Butte Sainte-Anne, 10, place des Garennes. C’est une proposition de Galindo Danse contemporaine.

Krotz Strüder still alive, Julien Grandjean aussi

Comme le signale le Préfet Maritime sur son Alamblog, Julien Grandjean, notre meilleur espoir masculin du catalogue, a d’autres qualités que sa plume aiguisée. Sous le nom de Krotz Strüder il vient de signer un album qui va vite devenir une rareté : Dedalus Geist III. Vous ne le trouverez dans aucun bac, plutôt dans votre boîte aux lettres si vous vous y prenez à temps. N’allez pas dire ensuite que vous n’étiez pas au courant.

Le Galopin déboule demain

Quand on prononce le nom de Galopin, prénom Arnould, le scepticisme le dispute à l’incrédulité : est-il donc possible de s’appeler comme ça ? Quand on annonce que l’on va rééditer un de ses meilleurs romans, l’incrédulité se fait inquiétude : z’êtes sûr que cela vaut la peine ? Eh bien oui, d’une voix d’une seule nous répondons que Le Bacille, son fameux roman d’anticipation bactériologique (pour faire court) a toutes les vertus de cette excellente littérature populaire dont nous déplorons, à mi-voix, l’extinction. Les plus curieux de nos lecteurs seront donc ravis d’apprendre que les libraires les plus intrépides l’accueilleront à l’office demain, à l’heure du laitier, la plus belle.

Sauvé du néant

L’excellente revue Bifrost, l’une des dernières et des plus vaillantes du domaine de l’imaginaire, a salué dans son dernier numéro la réédition de La chute dans le néant de Marc Wersinger que nous rééditâmes à l’automne, persuadés que ce livre oublié méritait de refaire un petit tour loin du néant et près des bons classiques de la S.F. Voici l’article laudatif dont nous sommes, avouons-le, assez contents : Bifrost. Par ailleurs Serge Lehman dont on connaît l’autorité dans ce domaine a souligné l’intérêt dans un article du Monde en date de jeudi des rééditions de L’œil du purgatoire et de Quinzinzinzili. N’en jetez plus !

Des hommes, des arbres

Algernon Blackwood mériterait d’avoir son visage affiché au coin des rues afin d’effrayer les enfants qui n’ont plus peur de rien. Pour les punir de crier devant les traits creusés de cet auguste chasseur de fantômes, on les enverrait chercher du petit bois au fond de la forêt où ils comprendraient enfin qui règne sur terre : les arbres, qui continueront à pousser quand nos os ne serviront plus de flûte à quiconque. A défaut de ce tourment, on pourra leur lire L’homme que les arbres aimaient en observant l’inquiétude gagner leur visage. C’est très écrit, il est vrai, mais pourquoi ne pas ajouter à l’angoisse les inquiétudes que provoque un style flamboyant de simplicité. Les bois noirs d’Algernon gagneraient à être de nouveau visités.

Cucurbitacées

On parle beaucoup ces derniers temps, après une période riche en cornichons, de concombres, mais on ne parle pas assez de littérature. L’écrivain se tient loin du concombre qu’il ne méprise même pas, non, il ne le voit pas. On aura donc tout intérêt à savourer l’Autofictif d’Eric Chevillard ces derniers temps, lui seul se penche sur l’avenir du cucurbitacée, et donc de l’homme. Pour ceux qui passeront à côté, ils le retrouveront, en conserve, au cœur de l’hiver, dans le quatrième volume de ce viatique indispensable, et pourront témoigner que cette plante potagère a de la ressource. Pour les iguanes et les moines, en revanche, c’est en ce moment et c’est chez Fata Morgana.