Flots

François Salvaing

Brusque inondation. La rivière s’affole, déborde, déferle et dévaste. Un homme juché sur le toit de sa maison, voit passer dans le flux furieux, des voitures, des animaux, des murs, jusqu’à des tombes. Emporté comme le reste, le cercueil en bois de rose de sa mère apparaît soudain. Sans réfléchir il plonge, s’y accroche et se met à dériver avec lui, balloté par les flots.
Entraîné vers l’inconnu, son esprit vagabonde et lui inspire des visions, sa mémoire s’embrouillant dans les eaux tumultueuses qui l’emportent, au point de ressusciter cette mère très aimée qu’il refuse d’abandonner aux éléments déchaînés.
Texte filial et ramassé, Flots condense la richesse d’un amour en le mettant à l’épreuve des eaux, plongée fantastique dans un fleuve dont la source comme l’embouchure restent incertaines.