Il faisait un temps assez morose quand nous nous sommes rendus sur la tombe de Roland Topor au cimetière du Montparnasse, mais nous tenions à venir accomplir cette sorte de rituel où la dérision se teintait de respect, et à poser sur la dalle finement ornée d’une sculpture de l’artiste notre réédition du recueil “La plus belle paire de seins du monde” qui reparaît en librairie en ce pluvieux vendredi, hommage éphémère à quelqu’un dont nous admirons l’œuvre depuis… longtemps. Accueillir Topor, ce génie sans limite au rire tonitruant, dans notre catalogue est un cadeau que nous nous faisons, un plaisir que nous partageons avec celles et ceux qui aiment son humour fou, son inventivité, sa démesure retenue.
Comme l’écrivait un de ses admirateurs, Eric Chevillard : “Nous cherchons toujours l’inquiétude ou le désespoir derrière la rigolade. Dans le cas de Topor, la rigolade évoque plutôt le phénomène de l’avalanche. Elle naît de peu de chose ; en dévalant la pente, elle enfle démesurément.”