Ce n’est pas un livre qui fera la une des magazines, qui ne suscitera pas un engouement de circonstance, qui ne défraiera pas la chronique au cœur de la rentrée littéraire, et pourtant on est à peu près certain que les deux romans qu’il contient seront encore lus bien longtemps après que la poussière de cette période sera retombée. Noëlle Roger fait partie de ce cortège d’autrices englouties qu’une étincelle peut faire renaître et la lecture des deux romans que nous avons rassemblés sous cette couverture dessinée par Lucie Durbiano devrait le prouver aux esprits curieux : deux romans d’aventure haletants et parfaitement construits qui sont aussi de troublantes réflexions sur le dangereux pouvoir des livres. Sebastian Dieguez nous a offert pour l’occasion une préface vibrionnante d’intelligence qui ne rend pas seulement hommage à cette autrice helvète inconnue dans l’Hexagone mais se penche sur la létalité de la littérature en des temps doucereux.
Le livre qui fait mourir rejoint notre collection “Inconnues” et son bataillon de textes oubliés et ressuscités. On le trouvera dans toutes les librairies de combat que n’obsède pas la course aux nouveautés du moment.