“Livre de la méchanceté et de la solitude des hommes, autant que de leur démence, chronique de la vie dans une île, roman de l’amour fou d’un homme pour sa terre natale et pour un Dieu insensible”, La tourbe et les larmes met en scène le vieux Cruachan Campbell, velléitaire magnifique et misérable qui refuse d’abandonner son île pauvrissime que les autorités veulent vider de ses habitants. Il flotte sur son rêve et son entêtement, affamé mais habité par un songe qui sent le feu de tourbe et la myrte des marais : c’est l’odeur de ce sol ingrat, de cette éponge noire, mystique. Il y élève une maison à Dieu, une espèce de prière en brique et en mortier, un mélange de masure, de château, de cathédrale en torchis, en vieille planche, en n’importe quoi. Il attend en vain le retour de son fils.


