Buissonnier et sidéral Mallard

Le seul auteur mexicain de notre catalogue mérite qu’on prenne régulièrement de ses nouvelles d’autant qu’on peut, en étant attentif, entendre la voix de ce mélomane, autant doué pour les lettres que pour les images, sur les ondes françaises. Tout récemment c’est France Musique qui accueillit Alain-Paul Mallard, l’auteur de Recels, un recueil impressionnant paru en 2009 qui semble condenser son entreprise littéraire (en attendant un jour la réédition de son génial Évocation de Matthias Stimmberg) et que l’on invite à prendre le temps de découvrir. Vous pourrez réécouter Les traverses du temps, l’émission de Marcel Quillévéré diffusée le 18 décembre, pour accomplir un « voyage buissonnier et sidéral » en sa compagnie.

Eric Chevillard voit rouge…

…si on en juge par la couleur de son prochain volume de l’Autofictif, à paraître le 16 janvier prochain. Après la loutre, le père & le fils, le coach, c’est au tour du piment de prendre place dans le panthéon des sujets chevillardiens. Sans doute un des thèmes abordés lors du colloque international qui sera consacré à l’auteur les 26 & 27 mars à Valence par l’Université Stendhal-Grenoble III sous la direction de Pierre Jourde dont on recommande d’ailleurs ardemment Le Maréchal absolu paru à la rentrée chez Gallimard. Pour L’autofictif croque un piment l’auteur a consciencieusement signé quelques dizaines de livres à destination de critiques et de libraires, c’est un rituel annuel.

Par ici l’interview

L’avantage avec les interviews par mail c’est que l’on peut prendre son temps pour répondre sottises et énormités. La preuve avec cet entretien réalisé par Stéphanie Joly pour le site de Paris-ci la culture où se confirme le goût pour la concision des éditeurs. C’est donc ici.

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Connaissez-vous Leonard Merrick ?

Si vous répondez non, on ne s’en étonnera pas car l’écrivain, déjà peu connu en France de son vivant malgré son amour pour Paris, a été évacué des mémoires depuis sa mort en 1939 (une mauvaise date pour mourir…). C’est donc animés d’un fort sentiment de justice que nous proposerons en mars une sélection de nouvelles de cet ironique auteur britannique salué en son temps par Chesterton, Barrie ou Wells. L’homme qui comprenait les femmes : avec un titre pareil, nous devrions rallier les suffrages des plus curieux, ceux qui, misogynie mise à part, savent que ce genre d’individu tient du rarissime. Quant à Leonard Merrick, son talent de conteur mérite bien un nouveau petit tour en librairie.

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Girard en son pays

C’est à Isabelle Rüf, critique au Temps de Genève, que nous devons le premier (le dernier ?) article venu de Suisse sur la réédition d’Othon et les sirènes de Pierre Girard dont elle salue l’art des « sursauts d’étrangeté dans un récit d’apparence anodine ». L’auteur genevois, un peu oublié chez lui, gagnera peut-être quelques lecteurs qui voudront ensuite découvrir ses autres œuvres qu’on invite vraiment à aller découvrir.

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L’arbre à clous en son pays

Le 4 décembre prochain sera la première occasion officielle de découvrir dans ses frontières la nouvelle collection de L’Arbre vengeur : l’arbre à clous, consacrée à la littérature belge. Une rencontre littéraire avec Jean-Pierre Bours, l’auteur de Celui qui pourrissait premier livre réédité au sein de cette collection, sera organisée ce jour-là à 20h par l’A.S.B.L. Levée de Paroles et animée par Frédéric Saenen, le directeur de la collection. Cette rencontre aura lieu au Centre culturel « Barricade » (21 en Pierreuse, à Liège). Enseignante de Français-langue étrangère et critique littéraire, Samia Hammami s’est proposée sur le site de l’Université de Liège de faire des interviews croisées des auteur, directeurs de collection et éditeurs. Quand bourgeonnent les arbres à clous… est le titre de son enquête que nous vous invitons à découvrir.

Legrand broie du rien

Un auteur inconnu au catalogue de L’Arbre vengeur est assez rare pour qu’on en parle  tôt. Si le nom d’Arnaud Legrand peut et doit évoquer quelque chose aux amateurs de guitare vintage dont il est un des spécialistes, il ne dira rien en revanche jusqu’en février aux amateurs de littérature. C’est en effet durant ce mois que paraîtra son premier recueil, Sans-suite suivi de Rien, un carrousel surprenant de textes brefs aux mélodies acérées où seront convoqués fantômes intimes et célèbres, cordes raides et cordes de guitare, petits riens qui, accumulés, forment une partition où l’élégant le dispute au furieux. Mais nous en reparlerons.

Pimenté

Avec le froid de l’hiver reviendra le Chevillard, non point le boucher chargé de découper les viandes récalcitrantes mais l’écrivain, le créateur de l’Autofictif, qui, depuis cinq ans, chaque jour sur le métier remet son ouvrage pour la plus grande gloire de la littérature. Le 16 janvier paraîtra donc L’Autofictif croque un piment dans lequel le lecteur pourra juger que la température monte, que les esprits s’échauffent, que les enfants poussent et que le talent ne s’érode pas quand on l’entretient avec soin et obstination. Et c’est loin d’être fini…

Sortie du Brouillard

Certains livres disparaissent corps et biens sans que leurs auteurs y puissent rien, engloutis par le passage impitoyable du temps qui charrie des romans par milliers. Et puis, miracle de quelques mois, certains réapparaissent et dissipent les brumes infernales qui les entouraient. Nous espérons que notre réédition du Brouillard, un roman absolument méconnu signé d’un certain Claude Henri, aura droit à quelques instants de lumière lors de sa réédition en janvier 2013. Son auteur, Henri Beugras, le signa sous pseudonyme au début des années 60, puis se fit oublier. C’est aujourd’hui un octogénaire vif qui, un demi-siècle plus tard, sourit de voir ressortir du brouillard son unique roman, fable noire et inquiétante qui met en scène un quidam égaré dans une ville dont on ne s’échappe pas sinon en se noyant. Farce intrigante, Le Brouillard ne donne aucune solution, ne moralise pas, il se contente d’inquiéter et c’est la plus belle et la plus vivace de ses qualités. Il sortira au cœur de janvier, un bon mois pour quitter l’anonymat.

Jacques Géraud sur son motodrome

On en use, on en abuse, on les use, on les malmène et on les méprise : tous ces mots qui nous traversent, qui nous servent et que nous desservons, que faisons-nous pour eux ? Jacques Géraud n’a pas attendu de les voir agoniser pour leur dresser un petit mausolée qu’il a confié à l’Arbre vengeur. Motodrome se présente comme un glossaire