
De son vrai nom Hélène Dufour, Noëlle Roger (1874-1953) est restée Genevoise toute sa vie. Fille d’un érudit spécialiste de Rousseau, elle épousa un anthropologue célèbre en son temps, Eugène Pittard. Personnage haut en couleur, réellement hors du commun, elle allia un amour passionné de la langue française à une curiosité insatiable pour le monde et la science. Le résultat de cette double vocation a engendré une œuvre littéraire abondante et originale, avec des écrits journalistiques, des biographies et quelques titres ressortissant du fantastique voire de la science-fiction.
En effet, les années 1920 la voient bâtir une œuvre conjecturale marquante. En une petite dizaine de romans, elle aborde les thématiques importantes du genre, de la résurrection des morts (Le Nouveau Lazar) à la réapparition d’hommes préhistoriques (La Vallée perdue), du surhomme (Le Nouvel Adam) à la clairvoyance (Celui qui voit) en passant par l’invention de machines extraordinaires ou une vision magnifique de l’Atlantide (Le soleil enseveli), tous ces textes témoignant d’un pessimisme et d’un refus du happy end que leur époque de rédaction explique aisément.
Si les Suisses commencent à la redécouvrir, elle reste une presque inconnue en France.
